STATION RADIOAMATEUR F2QH :
LE CINQUANTENAIRE!

APPRENDRE LE MORSE

Premier manipulateur 1960

En 1960, il n'y avait qu'une seule classe de licence radioamateur. L'apprentissage du Morse était une barrière infranchissable pour un certain nombre de candidats, et certains ont purement renoncé à l'émission d'amateur. Ceci est réellement dommage, car je suis convaincu que l'apprentissage du Morse est à la portée de tout le monde, et sans doute encore plus facilement aujourd'hui.
Certains copains avaient appris le Morse chez les Scouts, mais en général c'était pour communiquer par signaux optiques très lents. L'alphabet Morse était paru dans le journal de Mickey, puis figurait dans chaque édition du dictionnaire Larousse en plus complet.

Ayant appris d'abord à manipuler à l'âge de 7 ans, je rencontrai des difficultés pour apprendre à lire au son. C'est 8 années plus tard, grâce à mon ami Oscar qui effectuait son service militaire dans les Transmissions, que je parvins à lire à des vitesses de l'ordre de 600 mots à l'heure (50 caractères/mn ou 10 mots de 5 lettres/mn), vitesse de l'examen, ce qui était nettement insuffisant. Oscar m'entraîna à lire à plus de 1500 mots / heure (125 caractères/mn ou 25 mots/mn, et même un peu au-delà, afin d'être sûr que le jour de l'examen, je puisse lire la manipulation de l'inspecteur, même sous l'emprise de l'émotion. Je lui dois beaucoup, car c'est exactement ce qui arriva.
J'ai passé également beaucoup de temps à écouter le trafic amateur en télégraphie, ainsi que les stations commerciales qui transmettaient jusqu'à 1800 (150 car/mn ou 30 mots/mn), voire 2400 mots/heure (200 car/mn ou 40 mots/mn). Aujourd'hui, dans les concours, les vitesses atteignent souvent 55 mots/mn, ce qui est considérable, surtout pendant tout un week-end!

Oscar me fit commencer par réapprendre à former les lettres en traçant celles-ci d'un seul coup de crayon. Puis, je me suis entraîné le plus tôt possible à lire avec au moins deux caractères de retard, et plus tard deux groupes de 5 lettres. Il existe de nombreuses méthodes d'enseignement de la télégraphie, mais j'avoue qu'après avoir formé à mon tour de nombreux opérateurs, tant en école de Transmissions qu'en radio club, je n'ai aucune préférence, car tout dépend des dispositions de chacun.

Certaines méthodes préconisent de commencer par les lettres simples, composées de points (E-I-S-H-5), puis de traits (T-M-O-CH-zéro), puis on passe aux lettres composées de 3 signaux traits et points (A-N-K-R-G-W-D-U), puis de 4 signaux (B-V-C-Q-J-F-L-P-X-Y-Z), puis les chiffres et les signaux spéciaux. La méthode a fait ses preuves, surtout à l'armée: les élèves apprenaient quelques lettres manipulées par l'instructeur, puis ils passaient en salle de L.A.S. (Lecture Au Son) et lisaient pendant des heures les séries de lettres manipulées par des KEYERS à bande papier à lecture optique. Les Keyers comportaient un réglage de vitesse qui permettait de s'entraîner jusqu'à 1800 mots/heure (30 mots à la minute), ce qui était largement suffisant pour passer les brevets de Transmetteur "151" et "251".

J'ai cependant remarqué que certains élèves éprouvent des difficultés du fait que la méthode groupe les caractères par familles ou symétrie, ce qui au lieu de les aider, entraîne parfois des confusions. En ce qui me concerne, j'ai appris dans un ordre aléatoire, ce qui ne m'a pas empêché d'atteindre rapidement les vitesses pratiquées dans les concours (WORLD WIDE DX CONTEST en 1961).

Plus tard, entre 1966 et 1968, au RADIO-CLUB d'Argenteuil, nous réaliserons un laboratoire de L.A.S., avec possibilité de niveaux différents, ce qui permettra à la plupart des membres de passer la licence de radioamateur avec succès.

Pour documentation, voici un exemple de laboratoire de lecture au son réalisé au début des années 1980 par la société SATI (pro de F2QH), pour le compte de la firme OPELEM, et différentes administrations à l'Export.
Spécialiste des laboratoires de langues et d'équipement d'interprétation simultanée, il fut aisé d'associer les deux technologies. Le pupitre instructeur permettait le dispach des programmes sources, l'écoute des élèves, l'intervention de l'instructeur, la composition de réseaux d'intercom élèves. Les magnétophones comportaient 36 vitesses étalonnées en mots/heure (360 à 2400 mots/h) pilotant un oscillateur stable de 800Hz.

labo de LAS de marque SATI pour OPELEM dispatch instructeur Labo de LAS demarque SATI pour OPELEM console sources

La capacité pouvait atteindre 24 élèves, chacun d'eux disposant d'une platine d'écoute encastrable avec réglage de volume et prise casque, un manipulateur droit DYNA, un casque d'écoute haute impédance LEM :
LAS SATI PLATINE ELEVE LAS SATI CASQUE ELEVE LAS SATI MANIPULATEUR ELEVE
Aujourd'hui, l'informatique apporte des moyens didactiques considérables dont nous ne disposions pas à l'époque. Les jeunes qui veulent bien s'en donner la peine progressent beaucoup plus vite qu'autrefois. On le remarque bien lors des concours internationaux, où de jeunes opérateurs, souvent en radio-clubs, trafiquent avec une assurance extraordinaire. La télégraphie peut être aussi un sport, et à l'écoute des bandes DX on doit se plier à l'évidence : LE MORSE N'EST PAS MORT!

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