STATION RADIOAMATEUR F2QH :
LE CINQUANTENAIRE!

Années 1950's : PREMIERS MONTAGES

PREMIER POSTE A GALENE (1955):
Celui-ci comportait :
. un coffret en bois qui était à l'origine une cage d'observation des insectes (mon précédent centre d'intérêt)
. un « presse-purée à lames rondes », ainsi que surnommait le personnage Ignotus un condensateur variable, dans l'ouvrage de référence « LA RADIO, MAIS C’EST TRES SIMPLE », de A. Aisberg.
. une bobine en bakélite sur laquelle j'avais enroulé plus d'une centaine de spires de fil.
. un détecteur à galène, avec sa pierre de sulfure de plomb, sa pointe chercheuse, le tout sous tube de verre et enfichable sur douilles « bananes ».
. un casque haute impédance provenant des surplus.

poste a galene detecteur a galene sous tube de verre

Les premiers essais furent décevants : juste quelques bourdonnements bizarres .

J'eu la joie de recevoir pour mes 12 ans, à la fête de Noël du comité d'Entreprise où travaillait ma mère, qui se tenait au Veld'Hiv à Paris, un poste à galène à monter soi-même (on ne parlait pas encore de kits). Je fus un peu déçu, car les composants étaient plutôt « légers », mais c'était bien sûr un jouet réservé en principe «aux grands de 14 ans».

Nouveaux essais : même résultats qu'avec le poste précédent.

Mon père me proposa alors de montrer mes "réalisations" à Marcel Rochon, le fameux ingénieur en traduction simultanée.

Il brancha une grande antenne qui courrait autour de sa maison, relia ma prise casque à l'entrée d'un curieux amplificateur qu'il appelait "une chaîne haute fidélité (je découvris ce terme pour la première fois...) et brusquement le son de la radio de Paris retentit puissamment dans l'enceinte, nettement amplifié par le push-pull de tubes 6AQ5 ! Et quel son... une fidélité incroyable!

Marcel me dit : et bien , il fonctionne ton poste à galène, mais tâche de trouver une antenne correcte!

Pourtant mon antenne ressort de 3 mètres de long tendue au plafond de la salle à manger de mes parents comportait bien une dizaine de mètres de fil, mais Marcel m'expliqua que plus tard, je comprendrai qu'une antenne doit avoir des caractéristiques bien précises....

Merci Marcel, j'étais définitivement inoculé par le virus de la radio.

Puis Marcel me proposa de réaliser une antenne « secteur ». L'antenne était donc constituée par les fils de distribution du secteur domestique 110 volts, un condensateur étant sensé « isoler » le poste (à déconseiller à tout prix !). Puis il remplaça le détecteur à galène par un composant minuscule à deux pattes : une diode détectrice au germanium, un "semi-conducteur", tel que ceux équipant ses récepteurs de traduction simultanée pour l'UNESCO : plus besoin de chercher le point sensible, la détection était immédiate. Il s'agissait d'une diode au germanium 1N34. Celle-ci eut une durée de vie limitée jusqu'au jour où mon condensateur de 1500 pf se mit à fuir, et la diode fut volatilisée, avec apparition d'un nuage de quelques fumerolles !...

POSTES A UNE LAMPE, DEUX LAMPES,….9 LAMPES, etc… :
J'étais ravi de pouvoir recevoir la plupart des radios parisiennes sur mon récepteur à cristal (et non plus à galène), mais il manquait un peu de puissance. Puis, je souhaitais capter des postes périphériques, notamment RADIO LUXEMBOURG et la toute récente station EUROPE NUMERO 1...

Chaque jour, en allant au lycée Chaptal rue de Rome à Paris, je passais devant des boutiques prestigieuses :

tube EF41 tube 1S5 tube 1T4

Parmi celle-ci figuraient :
. DUBOIS ET CHABOT (Galerie Marchande de la Gare Saint Lazare),
. TELE RADIO COMMERCIAL, 27 rue de Rome
. CENTRAL RADIO, un peu plus haut
. Les établissements GOUSSU, près de la place de l'Europe
. OMNITECH, rue de Clichy (avec un petit détour)

Dans les vitrines, on pouvait voir des matériels fabuleux de grandes marques internationales :
HAMMARLUND (le fameux SP600), HALLICRAFTER (le magnifique SX28), NATIONAL (NDR100), THOMSON, SFR (avec son récepteur de trafic de rêve le RU93 - le premier SFR: Société Française de Radioélectricité), DYNA (avec ses manipulateurs Maniflex), LEM et MELODIUM (les grands fabricants français de microphones), WIRELESS (avec ses cadrans à trotteuse, les transformateurs universels Omnirap chez OMNITECH, etc.. Chaque jour je m'arrêtais devant le bloc de bobinage « COLONIAL 63 » qui permettait de réaliser un récepteur toutes bandes ondes courtes, mais je n'avais que quelques sous d'argent de poche..

Toutefois, je parvins à convaincre mes parents de me donner un peu plus, puis j'achetai mes premières lampes : 1T4, 1S5, 3S4, 6K7, 6J7, 6C5, 6V6, puis EF80, ECH80, pour réaliser mes premiers récepteurs de trafic (et même des émetteurs, mais chut...).
De 1955 à 1960, avec mes fidèles copains Jean-Pierre, Daniel et Robert, nous lançâmes systématiquement tous les jeudis une vaste opération de récupération de pièces détachées auprès des dépanneurs "radio-télé" d'Argenteuil, Asnières et Bois-Colombes.
Nous récupérions toutes sortes "d'épaves" de postes de radio et de téléviseurs, que nous rapportions à la maison avec la poussette de marché de ma chère grand-mère complice. Le soir, après avoir parcouru des kilomètres, nous partagions le butin et nous pûmes ainsi constituer chacun un stock respectable de composants prêts à être recyclés!
Puis ce furent des dizaines de montages qui sortirent tous les jeudis des cuisines de nos grand-mères respectives transformées en labo, dont la quasi totalité des appareils décrits dans "100 MONTAGES ONDES COURTES" de Fernand Huré F3RH et Robert Piat F3XY. Ces moments ont été sans doute parmi les plus heureux de notre vie.


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