CINQUANTENAIRE F2QH

Années 1982 à 1992 :
SSTV Evolution vers l'informatique

L'équipement analogique 128 lignes fut opérationnel durant une dizaine d'années, mais l'arrivée des premiers microprocesseurs en 1974 est très prometteuse. En effet, malgré le charme de la SSTV sur tube rémanent, on voit bien que des progrès sont possibles, notamment :
- afficher l'image de réception ou de contrôle à l'émission sur un téléviseur ou un moniteur de vidéosurveillance noir et blanc 625 lignes en ambiance lumineuse normale.
- saisir instantanément une image, avec stockage en mémoire, et relecture au standard SSTV noir et blanc à 128 lignes.
- grâce à cet instantané, résoudre le problème du "bouger" à la prise de vue : avec la camera analogique, il ne fallait pas bouger, au risque d'afficher la tête de l'opérateur séparée du corps avec une forte distorsion!
- envisager le passage à la couleur : des essais ont été réalisés par plusieurs radioamateurs, en analysant des diapositives couleurs trois fois de suite en interposant un filtre vert, jaune puis rouge....à la main, devant un appareil photo classique ou Polaroïd. La photo est ensuite développée sur papier, on ne peut donc pas parler vraiment de TELEVISION. L'avenir de cette solution est condamné d'avance.

matra alice 90

Un stage sur microprocesseur MOTOROLA MC6800 en 1978 me donne bien quelques idées, mais la mise en oeuvre des circuits imprimés est assez complexe. Puis, un ami radioamateur informaticien me remet des circuits comportant un grand nombre de registres à décalage de 1024 bits. La solution avec registres est assez "rustique", mais relativement simple au niveau de l'adressage. Par contre, je compte gérer la partie commutation et synchro par microprocesseur MC6800, qui a pour avantage un double accumulateur. Cliquer sur la fiche produit du registre MM1404A :

registre a decalage 1024 bits

A cette époque, il n'y a pas encore de PC, et le matériel de développement n'est pas à la portée d'un radioamateur. Certains amateurs (et même professionnels) courageux ont monté des plaquettes de programmation manuelle, avec autant des groupes de 8 switches (un groupe par octet) ! Ils programment octet par octet des milliers d'instructions ! L'un de mes collègues est devenu un champion dans ce type d'exercice mais son outil de développement a été conçu pour les nouveaux microprocesseur RCA, je ne peux donc pas m'en inspirer.

J'entreprends cependant la réalisation de la partie mémoires, soit trois plaquettes de circuit imprimé devant recevoir 16 registres à décalage de 1024 bits. Le principe consiste à stocker une trame de 128 x 128 = 16384 bits en mémoire. Pour des raisons économiques et de simplification, 3 groupes de mémoires de 16384 bits doivent suffire pour obtenir 8 niveaux de gris (2 groupes=4 niveaux, 3 groupes=8 niveaux), ce qui est tolérable pour l'oeil. Il faut donc au total 3 groupes de 16 registres de 1024 bits, ce qui est réalisable avec de la patience par un radioamateur.
Un convertisseur A/D (analogique numérique) de chez Analog Device en entrée reçoit le signal SSTV analogique après démodulation, puis en sortie un convertisseur D/A reconstitue après mélange des signaux de synchro le signal SSTV vers l'émetteur BLU.
En 1982 nous passons nos vacances en famille chez des amis de la région de Kiel, au nord de l'Allemagne. J'en profite pour rendre visite au DARC (Deutsche Amateure Radio Club) et à l'entreprise WRAASE (DL2RZ), qui fabrique des matériels SSTV professionnels.
J'y apprends qu'un radioamateur de la banlieue de Kiel, a conçu un système analogue à celui que je suis entrain de réaliser.
Il nous reçoit comme les amateurs nordiques savent le faire et dans les minutes suivant les présentations, je vois s'afficher instantanément le visage de mon YL sur l'un de ses nombreux moniteurs 625 lignes. La qualité est saisissante, malgré les 128 lignes et les 8 niveaux de gris que l'on discerne très légèrement.
Il lui a suffi d'appuyer sur un bouton poussoir pour saisir l'image en instantané, ce qu'il peut renouveler autant de fois qu'il le souhaite jusqu'à obtention d'une image de qualité.
Il me propose d'acheter le dossier d'études qu'il commercialise, ce que je trouve tout à fait normal compte tenu du travail considérable qu'une telle réalisation représente. Le synoptique de son montage est très voisin du mien, mais il utilise des circuits logiques conventionnels pour la partie commutaion-bases de temps et synchro.

Pour cette partie, je prévoyais d'emprunter le micro-ordinateur MATRA ALICE de ma fille de 8 ans, pour générer la synchro et l’affichage des messages de caractères, avec programmation en langage assembleur sur microprocesseur MC6803. Le programme était enregistré sur magnétophone à cassette, mais MATRA avait prévu de lancer sur le marché des lecteurs sur minidisques et des blocs d'extension mémoire enfichables sur le connecteur du bus parallèle, à l'arrière du boîtier. Ce petit ordinateur était destiné à l'Education Nationale, mais ne fut pas retenu, au profit du THOMSON TO5.
L'étude et la réalisation des circuits nécessita près de trois ans, mais le conflit avec ma QRPpète n'aura pas lieu, puisque les ordinateurs personnels arrivèrent sur le marché. Je réalisai alors que mon montage serait dépassé en très peu de temps, pour un investissement intellectuel et financier important. La mort dans l'âme je me séparai de mes plaquettes à registres à décalage et il se passa quelques années pour que je puisse acheter un premier PC Kenitec 486sx25, à destination familiale bien entendu...

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